En temps normal, une élection présidentielle focalise l’attention et forme le cœur de l’actualité. Mais est-on seulement en situation normale au Faso ? Pour une raison aussi bizarre que curieuse, le microcosme politique national a choisi de zapper cette élection pour n’indexer qu’un article de notre constitution, nul besoin de le citer.
Il en est jusqu’aux évêques à penser que tout le monde doit donner son mot sur la question, au risque sinon de se voir traiter de « gâteaux » ou de complice.
L’article en question va donc constituer le sujet central, le programme politique des candidats, de la société civile, des ONG et soit dit en passant de l’Eglise.
On attend avec gourmandise le point de vue des autres confessions religieuses. De la littérature en perspective pour les quotidiens de la place. Les confrères eux peuvent toujours ranger leurs plumes, en attendant des jours meilleurs.
Se mêler de politique, en démocratie tout est possible.
Qu’on soit charpentier ou prophète, tâcheron on intellectuel de haut vol, le Burkina de la démocratie est si bien fait que la liberté de parole transcende les catégories sociales et les compétences supposées.
Si les prêtres peuvent se mêler de politique avec une telle adresse, un tel talent et une telle dextérité, qui ne le pourrait pas ?
Le CDP a donc l’arène à lui seul pour disserter présidentielle. Il sonnera la charge et la trompette pour finir par triompher sans tambour et sans adversaire.
Mais devant, il trouvera à qui s’adresser si d’aventure, il était mis sur le tapis, la révision constitutionnelle.
Car sur ce point au moins, il ne sera pas seul à investir l’arène. Vivement ce moment-là, pour qu’enfin il y ait de l’action. Qui va s’en plaindre ?
S.K