Après Le fils Aîné publié en 1982, Adama ou la force des choses en 1987, Le retour de Yembi en 1995, l’écrivain burkinabè Pierre Claver Ilboudo vient avec cet ouvrage « Madame la ministre et moi » d’enrichir le répertoire littéraire burkinabè.
L’ouvrage dont le lancement officiel vient d’être fait au Burkina a été publié par les éditions l’Harmattan, Paris en 2007. « Madame la ministre et moi » traite l’histoire d’un journaliste qui, révolté par la manière dont son pays est gouverné décide de militer pour l’avènement d’une démocratie véritable, d’une société plus juste. Pour ce faire, il adhère à un mouvement d’avant-garde. Le chef de l’Etat décide d’inviter les mouvements d’avant-garde à entrer dans le gouvernement et leur confie des responsabilités.
C’est ainsi que le petit journaliste devient ministre. Il rencontre toutes sortes de difficultés car sur son chemin, il croise différents personnages qui ne lui facilitent pas la tâche. Il termine donc son combat dans la paille car le nouveau ministre qui lui succède se dépêche de mettre fin à son congé administratif et de l’affecter comme correspondant de presse au Nord du pays.
C’est un ouvrage de 204 pages réparti en 15 chapitres aussi captivants les uns que les autres. Le manuscrit de l’œuvre a obtenu le premier prix du roman pendant la Semaine nationale de la culture (SNC) à Bobo-Dioulasso en 2006. Selon l’auteur, le fait d’écrire permet de mettre de l’ordre dans les idées. Pour lui, l’Afrique a beaucoup de choses à dire.
Et il appartient aux Africains de le dire. Malheureusement les écrivains n’ont pas toujours le soutien pour aller au bout de leurs ambitions. Ils sont en effet nombreux les écrivains qui ont des œuvres manuscrites et qui n’ont pas les moyens nécessaires pour les éditer. Il a par ailleurs émis le souhait de voir que les livres écrits par les Burkinabè soient inscrits dans les programmes d’éducation.
Le ministre de la Culture, du Tourisme et de la communication M. Filippe Sawadogo a félicité l’auteur pour ses œuvres. Selon lui, nous devons trouver les solutions à nos problèmes nous-mêmes. Dans ce sens, la Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO) à laquelle participent des écrivains venus d’autres pays africains s’inscrit dans cette dynamique.
La Foire internationale du livre de Ouagadougou (FILO) a été créée, il y a neuf ans à l’initiative des autorités du Burkina Faso qui avaient la vision prospective de mettre la littérature au centre du développement. La FILO se veut un cadre d’expression et d’échanges pour les professionnels du livre et susciter les jeunes à la lecture et bien sûr s’intéresser à ce domaine.
R .W. NANA