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Résolution des crises universitaires en Afrique de l’Ouest

Peut-on parler de lueur d’espoir ?

vendredi 5 mars 2010

Comment instaurer un climat de paix durable dans les universités francophones d’Afrique de l’Ouest ? C’est en somme l’objet de la réflexion qui a réuni les 22 et 23 février derniers à Ouagadougou les responsables des communautés universitaires de la sous-région Ouest africaine. Des recommandations prises au terme des 48 heures d’échanges et de partage d’expériences entre acteurs du système universitaire sur le dialogue, peut-on avoir espoir que dans les années à venir, nos universités ne seront plus le théâtre de crises ?



De plus en plus, les universités francophones des pays d’Afrique de l’Ouest sont le « sanctuaire qui s’est mué en un champ de tirs, de batailles où quelquefois on se livre à de véritables guerres de tranchées dignes de Verdun », a déclaré le président de l’université de Ouagadougou, le Pr. Jean Koulidiaty à l’ouverture des travaux de la réunion sur les conditions du dialogue en vue de la stabilisation des temples du savoir de la sous-région.

Les causes liées aux multiples crises universitaires dans les universités d’Afrique francophone, sont principalement les mutations sociopolitiques des années 1980-1990, l’impact des programmes d’ajustement structurel sur l’échelle des priorités des Etats, sur les politiques éducatives, l’absence de cadre de concertation et de dialogue entre acteurs de la communauté universitaire, le dysfonctionnement de la gouvernance universitaire…

En prenant le cas de l’université de Ouagadougou, on peut affirmer avec certitude que toutes les crises qu’elle a connues sont dues en partie à cette problématique de l’insuffisance d’infrastructures d’accueil des nombreux étudiants et à la revalorisation de la fonction enseignant.

Pour y remédier, il faut systématiquement « investir dans la construction d’infrastructures pédagogiques et administratives et en équipements pédagogiques », comme le stipule la première recommandation adressée au gouvernement des pays francophones d’Afrique de l’Ouest.

Ce qui signifie que pour mettre en œuvre cette recommandation, les pays de cet espace doivent planifier le renforcement des infrastructures pédagogiques et leurs équipements qui coûtent très cher de nos jours. Les budgets nationaux subissant déjà les effets de la crise financière internationale, la nécessité pour l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) d’accompagner les politiques nationales en matière d’éducation.

Car les universités de ces pays sont de véritables promotrices de la Francophonie. Les autres partenaires intervenant dans ce secteur ne doivent pas être en dehors de cette vision. Ils doivent eux aussi mettre la main dans la poche pour que nos universités puissent avoir des capacités d’accueil suffisantes. Ainsi, on pourra instaurer dans les universités un climat de paix.Egalement, il y a l’investissement dans la formation et la revalorisation de la fonction enseignante.

Cela veut dire que l’allocation du budget national au titre de l’enseignement supérieur doit croître considérablement. Comment faire ? En se référant à la situation de l’enseignement de base, on peut dire que grâce à la politique nationale de l’éducation à travers le PDDEB, les bailleurs de fonds ont mis la main dans la poche pour booster les indicateurs à ce niveau.

Oui des efforts ont été faits dans le supérieur ces dernières années, mais il faut les capitaliser et orienter au mieux les actions à venir pour donner les moyens aux acteurs du système supérieur de travailler dans de meilleures conditions.

Si d’un côté, le gouvernement a été interpellé à jouer son rôle dans la recherche d’un climat de paix durable dans les universités, la communauté universitaire a, elle aussi, sa partition à jouer. Les étudiants doivent désormais savoir qu’il faut avoir un comportement responsable dans la façon de revendiquer de meilleures conditions d’études.

Cela passe par la tolérance, le respect strict des textes régissant les droits de manifester (les franchises universitaires), la fin de la violence sur le campus. Certes, la majeure partie des étudiants ne sont pas boursiers de nos jours et les parents n’ont pas aussi un revenu suffisant capable de supporter la scolarité de plusieurs enfants, cependant, il faut retenir que l’enseignement a un coût très élevé. Un effort doit être fait par les étudiants pour contribuer au coût de la formation.

Les responsables administratifs et enseignants de nos universités doivent désormais donner une bonne vision au système d’enseignement supérieur. Pour ce faire, un accent doit être mis sur la gouvernance universitaire avec à la clé, une planification du développement universitaire, la clarification du statut des enseignants-chercheurs.

C’est dire qu’au sortir de ces échanges qui a réuni des responsables des UFR, de syndicats d’enseignants, de la société civile, des étudiants et bien d’autres volontés, on saura dorénavant créer les conditions d’un dialogue social pour faire des universités des pays francophones d’Afrique de l’Ouest, des lieux où il fait bon travailler, d’étudier et de préparer son avenir dans la paix et la quiétude.

Abou OUATTARA

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